• Posted by Julien

solastalgieDu 17 septembre au 15 octobre 2023, à la Fabrique de Montreuil, l’association l’Œil Neuf présente une exposition de six jeunes artistes (dont la Coréenne Jisoo Yoo) chez qui la solastalgie est un état d’âme.

Le néologisme « solastalgie » est composé du terme anglais « solace » qui signifie « réconfort » et du suffixe grec « algia » renvoyant à la douleur. La solastalgie est une forme de souffrance et de détresse psychique ou existentielle causée par les changements environnementaux passés, actuels ou attendus, en particulier concernant la destruction des écosystèmes et de la biodiversité, et par extension le réchauffement climatique. Elle se rapproche en cela de l’éco-anxiété.

이 단어는 호주의 환경철학자 글렌 알브레히트가 2005년 ‘솔라스탤지어·인간 건강과 정체성에 대한 새로운 개념’이라는 기고문에서 처음 만들어낸 단어이다. 위안이라는 뜻의 ‘Solace’와 황량함이라는 뜻의 ‘desolation’, 그리스어로 ‘고통’을 뜻하는 ‘algia’의 합성어이다.

Rendre le changement possible par l’art et aller plus loin que le simple constat, cette exposition en a le but. Au milieu de tous les sentiments allant de la tristesse à la culpabilité, de la désolation à la colère, de l’impuissance à la peur de voir le vivant s’effondrer, un appel à la résilience frappe encore plus fort accompagnée de revendications politiques salvatrices, absurdes, désabusées ou tout simplement qui ont le mérite de questionner. La commissaire Isabelle de Maison Rouge et l’association l’Œil Neuf ont réuni 6 jeunes artistes (le photographe Matthieu Boucherit, la photographe Léa Habourdin, Lucien Murat, le plasticien Lenny Rébéré, la plasticienne Jeanne Vicerial et Jisoo Yoo) qui n’ont pas forcément tous de liens directs avec la solastalgie mais plutôt avec tous les états d’âme l’entourant ce qui en donne aussi une définition, une sensation indéniable n’ajoutant pas de la morosité à la morosité mais plutôt donne naissance à une résilience annonçant l’avènement d’une vraie renaissance, celle d’une action collective dépassant la désolation et aspirant à un nouveau futur imaginaire plus « verdoyant ». Cette exposition reste un moyen de vaincre la résignation qui nous guette et nous permet de revitaliser la délicatesse de nos sens actuels si empreints de solastalgie.

Images-Forêts de Léa Habourdin

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Jisoo Yoo
/ 유지수

Née en 1990 en Corée du Sud, Jisoo Yoo, vit et travaille à Pantin. Diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy en 2018, du Fresnoy, StudioNational des Arts Contemporains en 2023. Elle crée par des mises en scène faisant écho au monde de l’enfance parfois peuplées de monstres, une échappée poétique, politique et critique, loin des assignations identitaires normatives de nos sociétés contemporaines. Elle s’intéresse à toutes les barrières – en tant que notions et formes – héritées ou érigées par nos idées reçues. En tant que femme, homosexuelle, migrante, artiste, être humain, elle a été confrontée à de nombreuses frontières religieuses, sociales, politiques et psychologiques, et cela de façon quotidienne. Son travail a été présenté dans de nombreux lieux à Paris comme en région, tels que le Centquatre, La Villette, le Palais de l’Institut de France, le Musée d’art et d’Histoire de Saint-Denis, Les Abattoirs (Toulouse), Les Magasins généraux (Pantin), la Cité internationale des Arts, Les Grandes Serres (Pantin). Elle a été lauréate du programme Création en Cours piloté par les Ateliers Médicis avec le soutien du Ministère de la Culture en 2019 et de la bourse FoRTE (Fonds Régional pour les Talents Émergents) piloté par la région Île- de-France en 2020, et du prix du jury 2022 de la 18e biennale d’Art contemporain. Lauréate du prix Bic (2017) et nominée pour les prix Pierre David-Weill (2018 et 2021), Icart (2019) ainsi qu’au Talents Contemporains de la Fondation François Schneider (2020) et du prix du jury 2022 de la 18e biennale d’Art contemporain de Champigny.

Un exemple de son travail que vous pouvez retrouver à l’exposition :

Dans mon travail, la maison ou la pièce n’est pas seulement un bâtiment ou un espace de vie, mais aussi le symbole de frontières à plus petite échelle. Ce sont des espaces qui reflètent l’identité individuelle ou sociale, un espace psychologique et bien plus encore. Les matériaux fragiles, instables et légers que j’utilise pour mes performances et mes installations nous rappellent la fragilité et l’incertitude du quotidien et tout ce que nous croyons et essayons de garder ou craignons de voir disparaître. Ma chambre est limitée, belle et incertaine comme un mensonge.
Flottant dans les airs, le poids de cette maison ne permet pas qu’on la fixe à terre.
Elle repose sur un sol transparent sur lequel est imprimé
mon récépissé de demande de titre de séjour.
Dans la réalité du quotidien, la possession de cette carte de séjour permet
de donner une identité à mon corps.
Son absence le fait disparaître.
Cette maison aux couleurs de l’arc-en-ciel suspendue dans le vide telle
une bulle de savon génère également une impression de légèreté et de vide.

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Les invités de l’exposition

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2 Responses to “Solastalgie(s) / 솔라스탤지어”

  1. LOEIL NEUF Says:

    Merci pour cet article !
    Cordialement

    Michel Lacombe

  2. Julien Says:

    Avec plaisir ! ^^
    Julien Paul

Commentaires